Comment lever des fonds en temps de crise post Covid-19 ?

En empêchant les personnes de sortir de chez elles, en fermant la majorité des commerces et en changeant les manières de vivre en société, la crise du Covid-19 a impacté négativement la croissance de certaines start-ups et a ralenti le fonctionnement des sociétés de capital-risque.  

Connaissant aujourd’hui un « retour à la normal » et ayant surtout plus de recul sur la situation, plusieurs start-ups se demandent comment lever des fonds en temps de crise post-Covid 19 ? 

Pour lever des fonds en temps de crise post Covid-19, les start-ups doivent : 

  • Se concentrer sur les métriques : les start-ups ayant connu une baisse conséquente de leur chiffre d’affaires doivent trouver des solutions pour maintenir leur activité afin qu’elle reste attractive aux yeux des investisseurs. Au contraire, les start-ups qui profitent de la crise doivent maximiser leurs métriques. 
  • Réévaluer le burn rate (la consommation de trésorerie) à la hausse : les processus de levées de fonds ayant été ralentis, les entrepreneurs devront prévoir une trésorerie plus importante afin de ne pas lancer leur campagne de levée de fonds et se retrouver à court d’argent. 
  • Créer le contact avec les investisseurs avant la levée de fonds : les start-ups qui ont une liste de diffusion peuvent, avec la permission des fonds, envoyer des mails mensuels qui permettront aux fonds de se familiariser avec la start-up et de suivre son évolution avant la levée de fonds. 
  • Revoir les documents investisseurs et plus particulièrement le pitch deck : de nombreux changement se sont opérés au sein des start-ups ces derniers mois afin de s’adapter au nouveau contexte. De plus, face à une demande croissante de financement, il est important de rester à jour et d’avoir des supports investisseurs accrocheurs. 
  • Contacter un nombre plus important d’investisseurs : la crise a rendu certains fonds plus frileux que d’autres par conséquent, adopter une stratégie quantitative ne peut que maximiser les chances d’obtenir une réponse. 
  • Rechercher les fonds créés spécialement pour investir dans les start-ups de demain : la crise a poussé certaines sociétés de capital-risque à créer des fonds d’amorçage conçus pour investir spécialement dans les start-ups qui vont répondre aux enjeux du monde post-Covid 19. 

Ainsi, la crise a certes freiné les investissements mais maintenant que les différents acteurs se sont adaptés au nouveau contexte, les start-ups doivent elles aussi s’adapter pour continuer à aller chercher les fonds nécessaires à leur développement.  

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L’année 2020 avait bien commencé pour les entrepreneurs français. En effet, 600 millions d’euros avaient été levés en janvier 2020 contre 361 millions en janvier 2019. Mais l’arrivée du coronavirus a freiné l’essor de l’écosystème entrepreneurial français. 

Comme le montre ces chiffres tirés des sites Maddyness et Eldorado, l’impact de la crise s’est durement ressenti avec le point le plus bas atteint en mars 2020 et depuis lors, une reprise progressive des levées de fonds. 

Montants levés en France depuis janvier 2020 : 

  • Janvier : 600 millions d’euros levés 
  • Février : 355 millions d’euros levés 
  • Mars : 176 millions d’euros levés 
  • Avril : 294 millions d’euros levés 
  • Mai : 556 millions d’euros levés 
  • Juin : 325 millions d’euros levés 
  • Juillet : 347 millions d’euros levés 
  • Août : 100 millions d’euros levés (tendance normale qui s’explique par la période estivale et les départs en vacances des investisseurs)

Actuellement, la priorité pour les sociétés de capital-risque n’est pas d’investir dans de nouvelles startups mais plutôt de renforcer et de sécuriser leurs participations dans des startups qu’ils détiennent déjà en portefeuille. Cependant, cela ne les empêche pas de continuer à recevoir des dossiers de levée de fonds et de rester en veille sur les opportunités de marché, chaque crise apportant son lot d’inconvénients et d’opportunités.

Sachant que les tours de tables ont été revu à la baisse, comment faire partie de la minorité des élus qui réussiront à lever des fonds en temps de crise post-Covid 19 ? 

Globalement, les conseils restent les mêmes que durant la période pré-covid auxquels s’ajoutent quelques subtilités. 

Se concentrer sur les métriques

Il est important de se présenter aux investisseurs avec des métriques (chiffre d’affaires, EBITDA…) en croissance. Or, en fonction de votre secteur d’activité, votre start-up a plus ou moins été touchée par la crise. Ainsi, il y a 2 cas de figure : 

  • Si la start-up n’a pas été touché par la crise et que cette dernière lui est profitable, il faut pousser la croissance des métriques au maximum afin de sortir du lot.
  • Au contraire, si la start-up a été directement touchée par la crise, et que les métriques sont en chute libre, il est important de les améliorer dans un premier temps. Mettez toute votre énergie et celle de votre équipe à minimiser les dégâts. Les investisseurs sont conscients de la situation mais peu prendront le risque d’investir dans une start-up qui perd des parts de marché ou qui cesse d’être rentable. 

Pour les start-ups qui sont dans le dernier cas de figure, plusieurs angles peuvent être utilisés pour booster les métriques : Effectuer un pivot stratégique, développer une nouvelle gamme, changer ses prix, changer son business model, réduire ses dépenses.

Réévaluer son burn rate à la hausse

Afin de voir comment s’adaptent les start-ups au nouveau contexte, les fonds n’hésitent pas à ralentir le processus de la levée. Les fonds prennent aussi plus de temps durant l’étape de due diligence en auditant méticuleusement les différents départements. Ainsi, les sociétés de capital-risque utilisent le facteur temps pour éviter les erreurs d’investissement et également pour revoir certaines valorisations à la baisse. Par conséquent, les start-ups doivent réévaluer leur consommation de trésorerie ou burn rate en partant sur l’hypothèse que le processus de la levée, qui dure entre 6 et 9 mois, prendra plus de temps que d’habitude. Les start-ups doivent donc être sûre d’avoir une trésorerie suffisante qui leur permette de tenir 6, 9 mois minimum.  

Créer le contact avec les investisseurs avant la levée de fonds 

Vous planifiez de lever des fonds dans 3 ou 6 mois ? Envoyez dès aujourd’hui un mail aux fonds d’investissement afin de leur demander la permission de les ajouter à votre liste de diffusion mensuelle. De cette manière, ils pourront suivre l’évolution de votre start-up. Et si vous n’avez pas de liste de diffusion, pensez à en créer une.  

C’est un bon moyen de montrer son agilité, sa créativité et son adaptabilité durant cette période de crise. En effet, les investisseurs pourront suivre l’évolution des métriques et les entrepreneurs pourront montrer comment ils ont répondu au contexte actuel. 

Revoir la documentation investisseur et plus particulièrement le pitch deck 

La concurrence est palpable. De plus en plus de start-ups ont un bon business model et apportent de la valeur sur le marché. Les documents en direction des investisseurs restent un prérequis indispensable. Par conséquent, ces derniers et surtout le pitch deck, se doivent d’être encore plus soigné et accrocheur. 

Contacter plus d’investisseurs

A cause de la crise, certains investisseurs et fonds d’investissement sont devenus frileux et prennent plus de temps avant de prendre une décision. Les entrepreneurs peuvent alors appliquer une stratégie de masse et contacter plus d’investisseurs qu’ils ne l’auraient fait avant la crise. Il s’agit tout simplement d’augmenter ses chances d’obtenir une réponse. 

Rechercher les nouveaux fonds créés spécialement pour investir dans les start-ups de demain

De nombreux capital risqueurs voient la crise comme une opportunité et ont décidé d’investir dans les start-ups de demain. 

Ainsi, le fonds français Partech Entrepreneur vient d’annoncer le closing de son dernier fonds d’amorçage (Partech Entrepreneur III) doté d’un capital de 100 millions de dollars qui a pour but d’investir dans les secteurs portés par la crise : santé, travail, e-commerce, finance, mobilité et informatique. 

Suivant la même tendance, la société de capital-risque C4 Ventures vient d’annoncer le lancement de son second fonds, C4 Ventures II, doté d’un capital de 80 millions d’euros pour soutenir les entrepreneurs dont les start-ups répondent aux défis du monde post Covid-19. 

Pascal Cagni, fondateur de C4 Ventures dit : « (…) Si le Covid-19 entraîne un ralentissement économique inévitable, je suis convaincu qu’il sera également porteur d’innovations et de ruptures technologiques. Aujourd’hui plus que jamais, nous prenons le parti de lever des fonds et démontrer notre volonté d’investir pendant cette période exceptionnelle ». 

En conclusion 

Comme nous l’avons vu précédemment, attendre que l’écosystème entrepreneurial revienne à la normal n’est pas la solution. La nouvelle norme est le monde post-Covid 19. Dorénavant, les start-ups doivent chercher à s’adapter pour lever des fonds. En effet, la crise va éliminer les start-ups les plus fragiles et ne laisser que les start-ups qui ont une valeur ajoutée pertinente à proposer au monde post Covid 19. 

Ainsi, lever des fonds dans ce contexte n’est pas plus différent que dans l’ancien contexte. Les règles et les codes restent pareils même si de légères subtilités se sont ajoutées comme le facteur temps qui a été allongé, le contrôle des métriques qui sera plus insistant et la frilosité des investisseurs qui sera plus ou moins importante en fonction des stratégies d’investissement de chaque fonds. 

Nous entrons dans une ère où les start-ups gagnantes seront celles qui répondront aux besoins du monde post-Covid 19. Ainsi lever des fonds pour ces start-ups ne sera pas d’une grande difficulté. En revanche, pour les start-ups qui ont été fragilisées avec la crise, il leur faudra s’adapter, pivoter et faire preuve d’ingéniosité pour rester pertinente vis-à-vis des clients et retrouver la sympathie des sociétés de capital-risque.

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