You are currently viewing Comment trouver des investisseurs : les 7 sources de financement et par laquelle commencer

Comment trouver des investisseurs : les 7 sources de financement et par laquelle commencer

Publié en 2021 · Mis à jour le 30 juillet 2026 · Par Johan Orsinet, DAF externalisé

En résumé. Sept familles financent un projet d’entreprise, et elles n’entrent pas en scène au même moment. Les proches, les concours et l’argent public ouvrent la marche. Les business angels arrivent quand les premiers clients paient : comptez environ 20 000 € pour un investisseur seul, 100 000 à 500 000 € pour un club. Les fonds suivent quand la croissance se répète. La bonne question n’est donc pas « qui a de l’argent », mais « qui finance un projet à mon stade ». Voici la carte complète, l’ordre d’approche, et ce que je fais préparer à mes clients avant leur premier rendez-vous.

Les 7 sources qui financent un projet

Beaucoup de dirigeants réduisent la recherche de financement à deux options : la banque ou le fonds d’investissement. Le paysage réel en compte sept, avec des tickets, des délais et des attentes très différents. Ce tableau sert de carte de départ.

Source Ticket indicatif Stade visé Ce qu’elle attend de vous
Love money : famille, amis, proches De quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros L’idée, avant le premier client De la confiance dans la personne, et un cadre écrit pour préserver la relation
Concours, incubateurs et accélérateurs Une dotation, souvent modeste, plus un accompagnement et un réseau Idée et prototype Un projet racontable en cinq minutes et une équipe réellement disponible
Financements publics et prêts d’honneur Subventions, avances remboursables, prêts à taux zéro Création, recherche, premiers développements Un dossier écrit, des justificatifs, et de la patience sur les délais
Banques et établissements de crédit Fonction des actifs financés et de votre apport Dès qu’il y a du matériel, des stocks ou des locaux Des actifs identifiés, un apport en fonds propres, un dossier crédible
Business angels Environ 20 000 € en solo, 100 000 à 500 000 € en club Amorçage, premiers clients payants Une équipe, une traction naissante, un secteur qu’ils connaissent déjà
Financement participatif Variable : don, prêt ou entrée au capital Lancement produit, test de marché Une communauté à mobiliser et une campagne préparée en amont
Fonds d’investissement De quelques centaines de milliers d’euros à plusieurs millions Amorçage confirmé, puis croissance Un marché large, un modèle qui grandit plus vite que ses coûts, une sortie

Quatre de ces sept ne touchent jamais à votre capital : le public, la banque, les concours et le participatif en don ou en prêt. Trois vous font entrer un actionnaire. Si cette frontière n’est pas claire pour vous, lisez d’abord notre page sur le financement dilutif et non dilutif. Deux catégories méritent leur propre guide : comment trouver un business angel et comment obtenir des subventions.

Par où commencer : l’ordre que je conseille en mission

Une erreur revient sans cesse : attaquer par les fonds parce que ce sont eux qu’on voit dans la presse. Résultat, six mois de refus polis sur un dossier tout simplement trop précoce. L’ordre d’approche compte autant que la liste des noms.

Votre stade Qui contacter maintenant Ce qui est encore trop tôt
Une idée, rien de vendu Love money, concours, incubateurs, prêts d’honneur Les fonds, et la grande majorité des business angels
Un prototype, des premiers utilisateurs Financements publics, financement participatif, réseaux d’accompagnement La banque sans apport, les fonds de capital-risque
Des clients qui paient Business angels, fonds d’amorçage, banque en complément Les fonds de croissance et les tickets à plusieurs millions
Un revenu récurrent qui progresse Fonds de capital-risque, dette bancaire adossée aux fonds propres Plus grand-chose : ouvrez large et faites jouer la concurrence

Deux principes gouvernent cette séquence. D’abord, chaque étage crédibilise le suivant : un prêt d’honneur à taux zéro, obtenu auprès d’un réseau comme Réseau Entreprendre ou Initiative France, est un signal de sélection que les investisseurs suivants lisent immédiatement. Ensuite, l’argent non dilutif obtenu tôt renforce vos fonds propres, donc votre capacité d’emprunt : vous financez deux fois avec le même euro, sans céder une action. Pour les tours les plus précoces, notre guide pour lever en amorçage détaille les interlocuteurs.

Où les trouver concrètement

Une fois la cible identifiée, reste à obtenir les coordonnées. Quatre canaux fonctionnent, dans cet ordre d’efficacité décroissante.

Canal Ce qu’on y trouve
La mise en relation par un tiers Votre expert-comptable, votre avocat, et surtout un dirigeant déjà financé par la cible. C’est le canal qui obtient les rendez-vous.
Les réseaux structurés France Angels fédère les réseaux de business angels sur tout le territoire. Réseau Entreprendre et Initiative France combinent prêt d’honneur, mentorat et carnet d’adresses.
Les annuaires professionnels France Invest recense les sociétés de capital-investissement françaises. Bpifrance référence les dispositifs publics et intervient elle-même en financement comme au capital.
Les événements et concours sectoriels Salons, demo days d’incubateurs, concours régionaux. Le vrai gain est la liste de contacts qualifiés, pas la dotation.

Une précision sur le financement participatif : les plateformes se créent, fusionnent et disparaissent vite. Vérifiez qu’une plateforme est en activité et enregistrée auprès du régulateur avant de lui confier votre campagne.

Ce qu’un investisseur regarde avant de répondre

Un investisseur n’achète pas une idée. Il achète une trajectoire, et il la teste en trois questions.

L’équipe, d’abord. Qui exécute, avec quelles compétences, et depuis combien de temps ensemble. Un fondateur seul qui pitche pendant que personne d’autre ne sait défendre les chiffres est un signal négatif, même avec un beau produit.

La traction, ensuite. Pas les intentions, les preuves : des clients qui paient, un usage qui se répète, un taux de rétention mesuré. Même minuscule, un revenu réel vaut mieux que dix lettres d’intention.

Le besoin, enfin. Un montant précis, en euros, adossé à un plan d’utilisation. « Nous cherchons entre 500 000 € et 2 millions » raconte à l’investisseur que vous n’avez pas fait le travail. Un fonds de capital-risque ajoute un filtre supplémentaire : la taille du marché, souvent au-delà du milliard d’euros, parce que son modèle repose sur quelques très fortes plus-values. Les pièces à produire sont listées dans notre guide du dossier de levée de fonds, et le chiffrage se construit dans le business plan de levée de fonds.

Les erreurs qui font perdre six mois

L’envoi en masse. Un fonds comme Kima Ventures reçoit de l’ordre de 500 dossiers par semaine. Votre e-mail non ciblé rejoint une pile que personne ne lira. Vingt cibles choisies pour leur stade et leur secteur battent deux cents adresses achetées, à chaque fois.

Le besoin flou. Demander « des fonds pour se développer » sans plan d’utilisation détaillé, c’est demander à l’investisseur de faire votre travail. Il ne le fera pas, il passera au dossier suivant.

Le dossier improvisé. Des chiffres qui changent entre le deck et le prévisionnel, une hypothèse de croissance sans justification, un tableau de trésorerie absent. La confiance ne revient pas après ce genre d’incohérence.

Le départ trop tardif. Une levée demande de l’ordre de neuf à douze mois entre la préparation et l’encaissement, comme le détaille notre guide sur comment lever des fonds. Lancer la recherche à trois mois de trésorerie restante, c’est négocier le dos au mur. Suivez cette échéance dans un prévisionnel de trésorerie tenu à jour.

Ce que je prépare avec un dirigeant avant le premier rendez-vous

J’ai accompagné plus de 10 M€ de levées et construit plus de 100 business plans. Le premier rendez-vous investisseur ne se prépare jamais la veille : voici les quatre chantiers que je mène en amont.

Je chiffre le besoin au mois près, à partir du prévisionnel de trésorerie, et je le traduis en un montant unique avec sa décomposition par poste. Je construis ensuite une liste courte de cibles, triées par stade et par secteur, en écartant sans état d’âme celles qui n’investissent pas à votre niveau. Je fais fabriquer un dossier cohérent, où le deck, le business plan et le prévisionnel racontent exactement la même histoire. Puis je fais répéter les questions qui fâchent : la valorisation, le point mort, la dépendance à un gros client.

Un exemple récent, anonymisé. Un dirigeant industriel voulait solliciter une quinzaine de fonds. Après cadrage, il a d’abord obtenu un prêt d’honneur et une aide publique, puis n’a contacté que six investisseurs, tous positionnés sur son secteur. Le tour s’est bouclé avec une dilution nettement inférieure à ce qu’il envisageait au départ.

Chez Advimotion, ce travail démarre par un diagnostic facturé dès 1 800 € HT, déduit si nous poursuivons ensemble. Le pilotage en continu se situe entre 1 500 et 3 500 € HT par mois selon l’intensité de la mission. Pour situer le périmètre du métier, lisez notre guide du DAF externalisé.

FAQ : trouver des investisseurs

Comment trouver des investisseurs quand on démarre sans chiffre d’affaires ?

Vous ne commencez pas par les fonds. À ce stade, les interlocuteurs réalistes sont la love money, les concours, les incubateurs, les prêts d’honneur à taux zéro et les aides publiques. Ces financements ne diluent pas votre capital et crédibilisent le dossier que vous présenterez ensuite aux business angels.

Quel est le ticket moyen d’un business angel ?

Environ 20 000 € pour un business angel qui investit seul, et 100 000 à 500 000 € lorsqu’un club se regroupe sur un même dossier. Ils interviennent surtout en amorçage, au moment où les fonds jugent encore le projet trop précoce.

Où trouver la liste des fonds et des réseaux d’investisseurs ?

France Invest recense les sociétés de capital-investissement françaises, France Angels fédère les réseaux de business angels, et Bpifrance référence les dispositifs publics. Réseau Entreprendre et Initiative France complètent l’ensemble avec des prêts d’honneur et un vrai carnet d’adresses.

Faut-il contacter les banques ou les investisseurs en premier ?

Les deux se préparent ensemble, mais dans cet ordre : les financements non dilutifs et les fonds propres d’abord, la dette ensuite. Un apport en fonds propres augmente mécaniquement votre capacité d’emprunt, alors que l’inverse n’est pas vrai.

Combien de temps faut-il pour trouver un investisseur ?

Comptez de l’ordre de neuf à douze mois entre le lancement de la préparation et l’encaissement des fonds. Démarrez la recherche au moins six à huit mois avant l’épuisement de votre trésorerie, sous peine de négocier en position de faiblesse.

Vous cherchez vos premiers investisseurs ? Cadrons votre besoin et votre liste de cibles avant le premier envoi : réservez un diagnostic offert de 30 minutes.


Johan Orsinet est DAF externalisé et fondateur d’Advimotion (Paris 8e). Ancien de la banque d’affaires, il a accompagné plus de 10 M€ de levées de fonds et construit plus de 100 business plans pour des startups et PME. LinkedIn